Super GT 500 (Suzuka – Manche 1)

Problèmes de jeunesse !

C’est avec beaucoup d’excitation que Benoît Tréluyer retrouvait le Japon et le championnat Super GT dont le coup d’envoi avait lieu ce dernier week-end sur le tracé de Suzuka. Une excitation mêlée d’un peu d’inquiétude suite aux importantes modifications intervenues au cours de l’hiver. Nouvelle motorisation de 3.4 litres de cylindrée, nouveau manufacturier de pneus Michelin pour l’écurie, la Nissan GT-R Motul-Autotech allait devoir composer avec beaucoup de nouveautés.

Malgré tout, la qualification se passait plutôt bien pour Benoît et son équipier Japonais Satoshi Motoyama. « Les conditions de piste ayant beaucoup changé depuis cet hiver, il a fallu adapter les réglages mais on s’en est assez bien sorti, notait le Français au terme de la séance. » Huitième en Q1, Benoît cédait le volant à Motoyama pour la Q2 avant de reprendre la piste pour la Q3 et de signer le 3e temps.

Tout se présentait donc pour le mieux avec un départ depuis la 2e ligne sauf que, durant la nuit, les conditions météorologiques changeaient terriblement. Le thermomètre chutait de 10° et la pluie s’installait sur Suzuka. « Avant le départ, nous avions droit à une nouvelle averse mêlée de sable venu de Chine, pestait Benoît dimanche soir. Comme la température avait terriblement baissée, nous nous sommes retrouvés sans grip avec une dégradation rapide des gommes. Comme un problème ne vient jamais seul, le moteur de l’essuie-glace grillait dans le tour de chauffe et me laissait sans visibilité aucune. »

Dans l’habitacle de la Nissan n°23, le Français vivait un calvaire mais s’accrochait jusqu’au 18e tour avant de rentrer aux stands pour céder le volant à son équipier. Motoyama reprenait la piste avec des gommes devant se dégrader moins rapidement mais la différence n’était pas assez significative pour faire la différence. « Nous espérions une augmentation de la température pour la course et c’est tout le contraire qui s’est produit, lâchait encore Benoît avec fatalisme La veille, nous étions à la limite en termes de température de piste pour nos pneus et il ne fallait surtout pas qu’elle baisse… »

Programme Nissan décidé assez tardivement, nouvelle réglementation moteur qui oblige à passer du 4.5 litres au 3.4 litres de cylindrée, changement de manufacturier de pneus et, pour couronner le tout, une panne d’essuie-glace alors que la pluie redouble… Dans ces conditions, la 8e place finalement acquise tenait du miracle.

« En performance pure, nous arrivons à nous en tirer sur un tour, analysait le Français. Mais, en course, quand la température est trop fraîche, on ne parvient pas à garder les pneus en température. Le manque d’expérience de Michelin ne nous a pas aidés, mais c’est juste une question de développement. Par temps chaud, les pneus fonctionnent à merveille et ce n’est que lorsque la température fléchie qu’ils perdent leur grip. Nous le savions, ce n’est pas une surprise. Comme ce n’est pas une surprise de constater que nous sommes un peu en retrait en termes de moteur. Si la puissance est là, le couple mérite d’être amélioré, tout comme la fiabilité. »

Dans deux semaines à Okayama, Benoît s’attend à un week-end encore difficile sur un tracé et avec des températures qui ne devraient pas convenir parfaitement aux Michelin. Par contre, à partir de Fuji début mai, le champion Super GT 2008 devrait être en mesure de retrouver le chemin des podiums. « Cela dit, concluait-il avec optimisme, on termine la 1ère course du championnat avec plus de points que l’an passé ! » Trois unités qui en appellent beaucoup d’autres…

En attendant, Benoît quittait Suzuka avec la satisfaction de constater que son personnage de bande dessinée était toujours aussi populaire. Disponible en DVD pour la première fois, les aventures de Benoît-Poy avaient rencontré un vrai succès. Au créateur de faire aussi bien que sa création…

Photos (ici)

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