UN RETOUR AUX SOURCES RAFRAÎCHISSANT !

_d4d6970Cet hiver, Benoît Tréluyer s’adonne aux joies du pilotage sur glace au sein du Belgian Audi Club Team WRT. Une vraie découverte pour le triple vainqueur des 24 Heures du Mans qui ne pensait pas prendre autant de plaisir et être compétitif aussi rapidement.

Trois manches ont déjà été disputées depuis le coup d’envoi du Trophée Andros 2016/17 et Benoît se sent déjà comme un phoque sur sa banquise au sein du grand cirque blanc de Max Mamers.

« Sportivement, je passe un hiver où je m’éclate avec l’équipe WRT, ainsi que mes équipiers Olivier Panis, Nathanaël Berthon et Bérénice Demoustier, lâche tout sourire l’Alençonnais. On se marre tout le temps, et c’est vraiment sympa ! J’avais adoré travailler avec le team par le passé, alors retrouver toute l’équipe est juste génial.

Côté organisation, l’équipe de Max Mamers est extraordinaire de professionnalisme et de bonne humeur. C’est un peu chaud parfois entre les concurrents car l’Andros est un nid de gros passionnés de sport auto qui ont envie de gagner, mais tout le monde est d’abord là pour s’amuser. C’est l’état d’esprit qui me plaît ! »

Séduit, le Normand l’est aussi par le challenge technique et le pilotage aux antipodes de ce qu’il connaît. D’où l’obligation de retourner sur les bancs de l’école.

« Heureusement que j’ai un bon professeur en la personne d’Olivier Panis, s’amuse Ben. Je connaissais un peu l’Andros pour avoir été invité en Électrique au cours des dernières éditions, et je ne suis pas déçu. Je ne pensais pas être dans le coup aussi rapidement. C’est particulier, mais très sympa. En tant que pilote, pour moi qui arrive du LMP1 avec des boutons partout, je retrouve un volant, trois pédales et un levier de vitesses… C’est un retour aux sources rafraîchissant ! Tu n’arrêtes jamais. Après huit tours en finale, il y a de la condensation partout dans la voiture.

En LMP1, c’est une affaire de précision : il faut piloter comme un métronome. C’est un travail d’orfèvre où il ne faut pas commettre la moindre erreur car elle se paie cash. Ce n’est pas le cas en Andros, et tu es donc bien plus détendu dans la voiture. Pour les pilotes comme moi, c’est un break vraiment jouissif, une vraie piqûre de rappel ! En Andros, tu te souviens pourquoi tu as voulu faire ce métier en premier lieu. »

Ce plaisir pur du pilotage, le champion du monde d’Endurance FIA 2012 a travaillé pour le retrouver car la glace exige un minimum de technique.

« Je me suis jeté dans le Trophée sans la moindre préparation, avoue-t-il aujourd’hui. Je dois reconnaître qu’après les trois premiers tours d’essais effectués à Val Thorens lors de la manche d’ouverture, je me suis dit que je m’étais lancé dans un truc impossible et que j’allais devoir revoir mes ambitions à la baisse. J’étais loin niveau chronos, mais ce n’était pas le plus inquiétant…

Avec les roues directrices à l’arrière, l’obligation de jeter la voiture avant le virage, l’amorce du virage en marche arrière, et la nécessité d’avoir enclenché le troisième rapport alors que tu n’es même pas encore à la corde… c’était diamétralement opposé à ce que j’avais toujours fait ! À part les quatre roues et le volant, je ne voyais rien de semblable avec ce que je connaissais.

J’ai fait mes trois tours, puis un autre le vendredi et un dernier le vendredi soir avant d’aborder les qualifications. C’est « ouf » mais, désormais, chaque nouveau tour couvert me permet de progresser. Olivier [Panis] m’aide beaucoup, ainsi que le team. Comme Nathanaël [Berthon] débute également dans les catégories principales, nous nous tirons mutuellement vers le haut. Et quand tu prends du plaisir, tu y arrives aussi plus vite. »

En Andorre, pour sa deuxième participation seulement, Tréluyer est déjà dans le coup puisqu’il parvient à signer la Super Pole.

« Cependant, j’ai vite retouché terre en course quand je me suis montré un peu ambitieux en voulant doubler Jean-Philippe Dayraut par l’extérieur, nuance Benoît. Les vieux routiers de la discipline n’ont pas tardé à me faire comprendre que j’avais encore du chemin à faire… »

Malgré tout, comme les manches qualificatives rapportent plus de points que la finale, Benoît signe ce jour-là son premier podium en Andros en terminant sur la deuxième marche.

« Chaque week-end, j’apprends. Certains pilotes ont malheureusement fait les frais de mes erreurs, comme Gérald Fontanel et Nyls Stievenart sur qui je me suis beaucoup appuyé lors de mes deux premiers dépassements. Qu’ils m’en excusent ! Cela fait partie de l’apprentissage, il faut malheureusement y passer. Maintenant, je sais doubler proprement. »

À l’Alpe d’Huez, pour la troisième manche, Benoît ne participe pas à la première journée pour cause de cérémonie des « au revoir » chez Audi Sport, un rendez-vous forcément riche en émotions qu’il ne veut surtout pas manquer.

« Je suis arrivé le samedi matin et j’ai effectué mon premier tour qualif’ sans un seul échauffement. Malgré tout, j’ai signé le quatrième chrono lors de la première séance, puis le troisième meilleur temps dans la seconde… »

En course, malheureusement, il ne peut pas défendre ses chances puisque son équipier Berthon qui évolue dans la catégorie Elite (Tréluyer est en Elite Pro) a trop endommagé l’Audi A1 quattro qu’ils se partagent cet hiver.

« Pas grave, conclut Benoît, qui compte bien se rattraper ce week-end à Isola 2000 lors de la quatrième manche. Une nouvelle fois je vais devoir apprendre le circuit mais, ce qui est également bien en Andros, c’est que l’on peut tirer son épingle du jeu même si l’on découvre la discipline. Ça demande un peu de boulot, mais c’est surtout le plaisir qui fait évoluer rapidement. »

Un plaisir qu’il souhaite partager avec fans et amis en ce début d’année.

« 2016 n’a pas été des plus faciles, et c’est appréciable de démarrer 2017 dans la joie et la bonne humeur. Je voudrais adresser tous mes vœux de bonheur, fortune et santé à celles et ceux qui me suivent, ainsi qu’à tout le personnel d’Audi Sport, ceux qui restent, et ceux qui vont devoir malheureusement partir. Je leur souhaite tout le meilleur possible. Je les embrasse et je vous embrasse. »

Une bise glacée, évidemment !