« Regonfle a bloc ! »

_BB50826Benoît Tréluyer a trouvé bien plus que ce qu’il était venu chercher sur le Trophée Andros ! Outre le plaisir pur et sans fard du pilotage qu’il avait un peu oublié, il a aussi découvert une nouvelle famille avec le Belgian Audi Club Team WRT. Alors que son avenir semble se dessiner en GT, c’est un Benoît ressourcé qui va attaquer la saison 2017.

Il parle, beaucoup, sans reprendre son souffle. Benoît Tréluyer est intarissable quand il évoque sa première campagne complète en Trophée Andros.

« C’est passé trop vite, souffle-t-il. Une saison pleine en deux mois, c’est de l’hyper-concentré à tous les niveaux, y compris celui des émotions. J’ai juste adoré. Le Trophée est parfaitement géré, il y a beaucoup de « gentlemen agreement » et celui qui ne se plie pas à ces règles non écrites n’est pas le bienvenu.

Il y a des négociations et, au bout du compte, c’est toujours Max [Mamers] qui règle les conflits. Il est partout, il court partout, c’est impressionnant ! Max gère le Trophée avec son cœur et ça me plait. Parfois, je me suis dit qu’il ferait mieux de procéder comme chez Audi où c’est comme cela et pas autrement, mais ça perdrait certainement de son charme ! »

Outre le paddock de l’Andros, à nul autre pareil et où il a trouvé franche camaraderie, gentilles querelles et chaleur permanente, le pilote d’Alençon a également découvert un nouveau « chez soi » au sein du Team WRT.

« Depuis 2003, je travaille pour un constructeur où le pilotage n’est qu’une partie du job, note-t-il. Il y a beaucoup de briefings, débriefings, rapports à rédiger, personnes à informer : on a pas mal de boulot hors du cockpit et l’on oublie un peu l’essence même du sport.

Chez WRT, ils sont parvenus à concilier professionnalisme extrême et décontraction totale. Les voitures sont hyper bien préparées, mais on ne se prend pas la tête. C’est à échelle humaine. Je me suis régalé chez NISMO en Super GT et bien sûr chez Audi en LMP1, mais il y avait ce côté « boulot » qui prenait parfois le dessus sur le plaisir pur. Sur le Trophée, je n’ai fait que des choses qui me plaisent. Autant dire que je suis regonflé à bloc pour la saison. »

Ce qu’a vécu le Normand, c’est d’abord la découverte d’un monde nouveau, avec ses codes, ses astuces, ses trouvailles, sa bonne humeur, et sa compétition.

« J’aurais aimé faire une meilleure perf’ en fin de saison, indique encore Benoît. J’étais assez optimiste au début car je savais que j’avais une grosse marge de progression. Hélas, ce que je n’avais pas anticipé, c’est que les pilotes avec beaucoup d’expérience sont intouchables après avoir repris leurs marques lors des premières manches.

Il m’aura fallu le premier week-end pour m’adapter et le second pour hausser le rythme. Il faut dire que le niveau est très relevé et si j’ai atteint assez rapidement le Top 6, je n’ai pas pu aller chercher les Dubourg, Dayraut, Panis, Rivière ou autre Lagorce.

Même si l’un ou l’autre n’est pas dans son week-end, il y en a toujours au moins trois qui sont là. Néanmoins, avec Olivier [Panis], nous ramenons le titre Equipes à WRT. Et surtout, avec Nathanaël [Berthon] qui s’impose pour sa première saison en Elite et Bérénice [Demoustier], on a formé une sacrée bande et on s’est vraiment bien marrés ! »

De plaisir et de franches rigolades, il fut encore question lors de la finale à Super Besse, où le pilote Audi fit ses débuts en AMV Cup sur une KTM.

« J’y suis allé pour m’amuser et je me suis pris au jeu, plaisante Tréluyer. Lors de la première finale, j’étais dans le rythme sans aller chercher les appuis ou le goudron, alors je me suis dit que j’allais attaquer un peu plus lors de la Super Finale. Sauf que j’ai commencé à être un peu trop confiant et j’ai perdu l’avant dans une mauvaise ornière. Le temps de relever la moto, je suis reparti dernier pour remonter à la 11ème place.

Je me suis vraiment fait plaisir et, cerise sur le gâteau, avec des temps pas ridicules du tout. Je suis super content car ma KTM 350 EXC-F était de série. J’ai juste suivi les conseils de 4.42, un préparateur d’Aix-en-Provence, qui m’a envoyé les réglages de suspension de base pour avoir une moto tenant un peu mieux la route.

Si je retente l’expérience l’an prochain, j’essaierai de la préparer un peu. En tout cas, un grand merci aux Duvert, qui ont monté les pneus, aux Dabert, qui m’ont installé le coupe-circuit, et à tous les autres motards. J’aurais aimé passer plus de temps avec eux. »

Ce sera certainement pour l’an prochain car l’ancien motard Tréluyer (Benoît a fait ses premières armes en motocross !) a clairement envie de remettre ça. Pour l’heure, maintenant que le Trophée Andros a pris fin, c’est vers le GT et peut-être un peu de Rallycross que se dirige le triple vainqueur des 24 Heures du Mans.

« Je veux continuer à faire du circuit et souhaite faire partager mon expérience à un équipage, explique-t-il. J’ai également envie de montrer que je peux faire bien mieux qu’aux 24 heures de Spa en 2014 où je n’avais pas été content de ma performance.

Je peux être parmi les meilleurs en GT, comme je l’ai été au Japon. Je voudrais également m’essayer au Rallycross mais ce n’est pas simple car la discipline devient très chère et je n’ai pas d’expérience. Mais c’est un truc qui me tient à cœur, et je ne vais pas lâcher.

Et puis, il y a les 24 Heures du Mans auxquelles j’assisterai sans doute, en spectateur ou en pilote, je ne sais toujours pas. Moi, je roule avec le cœur. Si une belle opportunité arrive avec un challenge intéressant, je pourrai me laisser tenter. Par contre, si rien ne se présente, je n’insisterai pas. En fait, cette saison, je vais jouer les « touche-à-tout ». J’ai du boulot avec Audi, mais je vais essayer de faire plein d’autres choses. »

C’est fin février que Benoît sera probablement en mesure de lever le voile sur son programme. On en reparlera à ce moment-là.

FIN